Le défi de Steinmann

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Ses amis judokas le chambrent gentiment : « C'est le retour de Frédéric Steinmann ! » Ils n'ont pas forcément tort. Depuis son retrait du « haut niveau » en 1997, Frédéric Steinmann s'était fait rare sur les tatamis. Tout juste s'était-il accordé deux intermèdes en 3e division en 2004 (champion de France) et 2006, « pour le plaisir ». Trois ans plus tard, c'est davantage un défi personnel qui l'a motivé à "replonger", quelques semaines avant ses 37 ans. « J'avais pris un peu de poids, je voulais refaire un peu de compétition, me frotter aux jeunes pour voir ce que je valais... » Avec en tête le risque « de se prendre une gamelle au premier tour ». Mais le judo, c'est comme le vélo, ça ne s'oublie pas. Surtout quand on a tutoyé comme lui le haut niveau (champion de France cadets en 1989). En 1992, alors qu'il est sélectionnable pour les Mondiaux juniors, il se blesse gravement au genou trois semaines avant l'échéance. Sa chance est passée, « sans regrets ». | « Je ne pouvais plus tout concilier » « En 1997, j'ai arrêté avec la naissance de mon premier enfant. Je ne pouvais plus tout concilier », notamment les cinq entraînements hebdomadaires. L'envie de montrer l'exemple aux jeunes de son club (il est licencié aux Arts Martiaux du Pays de la Mossig, où il est également entraîneur,) le titille. « Je connais les sacrifices pour arriver au haut niveau. Je veux leur montrer qu'il faut transpirer pour y arriver. C'est ce que j'essaie de leur inculquer. » Alors, depuis un petit mois, il a relancé la machine, histoire de se remettre à flot physiquement. | « Ça peut revenir... » Car le judo est toujours là. Dans l'atmosphère surchauffée du dojo Robert Schaeffer, Frédéric Steinmann maîtrise sa demi-finale face au jeune Félix Werlé (Judo Club Strasbourg), 18 ans, avec l'expérience d'un vieux briscard. La finale face à une autre jeune pousse, Émilien Freund, 19 ans, est plus compliquée. Et c'est finalement le sociétaire de Wolfisheim (un club créé cette saison) qui s'impose. Pas de quoi tourmenter Frédéric Steinmann. « Ça ne peut aller qu'en s'améliorant avec l'entraînement. Il me manque un peu de vitesse, le petit plus que l'on a à 20 ans et pas à 37. Mais ça peut revenir... » La deuxième place obtenue hier lui permettra d'aller défendre ses chances lors des championnats d'Alsace en mars, avec l'ambition de se qualifier pour les championnats de zone, « toujours pour le plaisir . » Simon Giovannini |